Sur un projet multilogement ou à usage mixte, vous êtes habituellement le premier consultant embauché et le dernier encore présent. Au départ, vous testez la volumétrie par rapport aux règles : hauteur, densité, marges de recul, stationnement et ce que prévoit le plan officiel de la collectivité (Official Community Plan) pour le site. Vous dessinez une esquisse, vous rencontrez le personnel de l'urbanisme lors d'une réunion préalable à la demande et vous commencez à réunir une équipe de consultants qui ont chacun besoin d'un jeu de plans stable.
Pendant le changement de zonage et le permis d'aménagement, votre travail consiste autant à convaincre qu'à concevoir. Vous rédigez la justification architecturale, vous présentez devant un comité consultatif de design lorsque la municipalité en a un, vous répondez aux commentaires du personnel, ronde après ronde, et vous révisez. Chaque révision a des répercussions : le plan d'aménagement paysager, l'étude d'ensoleillement, les rendus et le pro forma du promoteur doivent tous suivre votre dernier jeu de plans.
Une fois le permis délivré, viennent le développement du concept et les documents d'exécution, puis l'appel d'offres et les questions de chantier du constructeur. À ce moment, le marketing vend déjà votre bâtiment avec des images. L'écart entre ce que vous avez approuvé et ce que voit le public est ce qui fait perdre le plus de sommeil aux architectes, et c'est cet écart qu'un dossier partagé comble. Voyez comment fonctionne ce dossier sur Commande et révision.
Une bonne habitude : traitez les visuels comme une partie du jeu de plans, pas comme un ajout. Décidez dès l'esquisse quelles vues comptent pour le personnel municipal, le conseil et les ventes, et gardez ces positions de caméra à chaque ronde. Comparer la même vue d'une version à l'autre montre ce qui a changé plus vite que n'importe quelle note, et vous protège quand quelqu'un demande, des mois plus tard, ce qui a réellement été approuvé.